« Aborder les conflits géopolitiques avec des enfants »

13 octobre 2026 – Bobigny

En octobre 2026, les Ceméa ont mené une formation d’une journée auprès de directeur.ces et animateur.ices des centres de loisirs de Bobigny, dans le cadre d’un projet d’échanges entre des enfants français et palestiniens âgés de 9 à 11 ans . Jumelée avec la ville de Jénine, située dans le nord de la Cisjordanie, la Ville de Bobigny souhaite favoriser la découverte d’autres cultures, l’ouverture à l’autre, la compréhension des conflits et de l’actualité internationale. La formation visait à donner aux professionnel.les des outils pour accompagner des enfants âgé·es entre 3 à 12 ans lorsque des question se posent autour de sujets géopolitiques, notamment la Palestine. Elle s’inscrit dans le travail des CEMÉA autour de l’éducation aux questions internationales et de la solidarité internationale.

Pour commencer les échanges, plusieurs règles ont été posées afin que chacun.e puisse s’exprimer dans un cadre respectueux. Il était notamment demandé de parler en son nom propre, d’utiliser le « je », de respecter le droit à l’erreur et de juger les idées plutôt que les personnes. Les participant.es ont ensuite été invité.es à réfléchir aux difficultés rencontrées sur le terrain, puis à répondre à la question « Pour moi, la Palestine, c’est… », avec des mots ou des dessins. Les productions ont fait ressortir différentes émotions et représentations autour de la colonisation, des massacres, du génocide, de la tristesse, de la solidarité et des frontières. Les échanges ont également porté sur le traitement médiatique du conflit, la reconnaissance de la Palestine et la difficulté à envisager une paix durable. Cet exercice a permis de rappeler l’importance de partir des représentations des enfants pour comprendre ce qu’ils savent, ce qu’ils ont entendu et ce qu’ils ressentent, avant d’aborder les éléments historiques.

La formation s’est poursuivie par des apports historiques sur la situation palestinienne, notamment à travers la mallette pédagogique « Vivre la Palestine ». Ce support permet de retracer plusieurs dates importantes, dont la Nakba de 1948, les accords d’Oslo de 1993 et la construction du mur en 2002. Les participant.es ont ainsi pu mieux comprendre les conséquences de l’occupation israélienne, les restrictions de circulation et la fragmentation progressive du territoire palestinien sur la vie quotidienne des Palestinien.nes.

L’après-midi a été consacré à la question suivante : comment aborder la situation en Palestine avec les enfants lorsqu’on travaille dans l’éducation ou l’animation ?

Quatre situations concrètes ont ensuite été proposées aux participant.es, qui devaient réfléchir collectivement à leurs réactions. Les échanges riches ont été l’occasion de partager des ressources.

Ces situations ont fait ressortir les hésitations des professionnel.les, partagé.es entre le respect de la liberté d’expression, la réaction face aux propos discriminatoires, la gestion des conflits et la nécessité d’adopter une posture adaptée. Plusieurs pistes ont été évoquées : écouter les enfants, prendre en compte leurs émotions et choisir un cadre approprié pour poursuivre les échanges. Une autre démarche consiste à partir de trois questions : « ce que je sais », « ce que j’entends » et « ce qui me met en colère », « ce qui me questionne » afin de permettre aux enfants d’exprimer leurs connaissances, les informations reçues et leurs émotions, avant de confronter et de vérifier collectivement les différents points de vue.

Des supports tels que des films, des livres et de la musique peuvent aussi permettre d’aborder progressivement des sujets complexes, en tenant compte de l’âge des enfants.

La journée s’est terminée par un bilan permettant de revenir sur les craintes exprimées le matin, les éléments retenus et les outils que les participant.es souhaitaient réutiliser. Les retours ont été positifs, certain.es ont expliqué avoir été réconforté.es dans leurs idées et avoir pu échanger entre professionnel.les des postures à adopter.