Une semaine d’échanges et de coopération autour de la culture scientifique au Maroc

En mai 2026, deux volontaires des Ceméa Picardie se sont rendues au Maroc dans le cadre d’un volontariat d’échange et de compétence (VEC) du FONJEP.

Elles ont été accueillies par les Petits Débrouillards Maroc avec pour objectifs de renforcer les liens pédagogiques déjà existants entre les Ceméa Picardie et les Petits Debrouillards Maroc, de favoriser les échanges autour des activités scientifiques destinées à la jeunesse et d’explorer des pistes de collaboration dans le domaine de la formation des animateurs scientifiques. Leur mission s’est tenue dans le cadre d’un évènement national l’Exposciences à Bouznika.

Les volontaires ont été accueillies très chaleureusement par les équipes des Petits Débrouillards Maroc. Selon une volontaire, leur vision commune de la médiation scientifique auprès des jeunes a grandement facilité leur intégration au sein de l’équipe.

Cette expérience a avant tout reposé sur une logique d’échange mutuel, où chacun·e a pu apporter son expertise tout en bénéficiant de celle des autres :

Un regard extérieur au sein du jury dans un évènement national

Pour les volontaires, la participation à l’organisation d’un événement scientifique de grande ampleur comme l’Exposcience a permis de mieux comprendre les mécanismes de pilotage d’un salon national : coordination de multiples acteurs, gestion des temps forts et organisation d’un programme dense sur plusieurs jours.

En tant que membre du jury,les volontaires ont contribué à l’évaluation des projets scientifiques présentés par les jeunes participants lors du projet . Cette mission a notamment consisté à apporter un regard extérieur sur les projets et à participer à l’application de critères d’évaluation rigoureux, en veillant à distinguer une véritable démarche scientifique d’une simple démonstration technique.

Le travail d’évaluation des projets a contribué à affiner le regard critique des volontaires, notamment dans l’identification des véritables démarches scientifiques. Il s’agissait d’analyser la cohérence entre le problème posé, l’hypothèse formulée, l’expérimentation menée et les conclusions présentées.

Cette mission en tant que jury leur a permis de travailler directement avec les scientifiques et animateurs locaux, dans un climat de confiance et d’échanges vrais. L’une des volontaires a alors souligné dans son bilan que les discussions informelles dans ce cadre avaient été aussi riches que les temps officiels.

Le partage de pratiques pédagogiques

Les échanges avec les scientifiques et les animateur·ices locaux ont permis de confronter différentes approches de médiation scientifique et de vulgarisation auprès des jeunes publics. L’expérience des volontaires et leur vision axée sur ce qui se fait en musée (type cité des science), a nourri les réflexions avec les partenaires maroccains autour des moyens de valoriser davantage les sciences auprès du grand public.

Sur le plan pédagogique, les échanges avec les jeunes participant·es ont permis aux volontaires de développer davantage les compétences de reformulation et de questionnement. L’enjeu consistait à accompagner leur réflexion sans orienter leurs réponses, en favorisant leur autonomie intellectuelle et leur capacité d’analyse.

Cette mission a aussi renforcé leur compréhension des critères qui distinguent une innovation pertinente d’une simple réalisation technique : clarté du problème identifié, cohérence de la démarche et pertinence de la solution proposée.

Enfin, elle a leur permis d’approfondir leur appréciation de la rigueur expérimentale dans un contexte jeunesse, où les protocoles doivent être adaptés à l’âge et aux ressources des participants.

La découverte de différents modèles d’accompagnement éducatifs

Parmi les temps forts de cette mission figure également la visite du complexe socio-éducatif de Sala Al Jadid ainsi que de son centre de formation professionnelle.

Cette découverte a permis aux volontaires de mieux comprendre la diversité des modèles d’accompagnement éducatif et social mis en œuvre auprès des jeunes au Maroc. Elle a offert une vision concrète de ce que peut représenter la construction d’un écosystème cohérent autour de l’enfant, associant hébergement, accompagnement éducatif et insertion professionnelle.

Le centre de formation, accessible jusqu’à l’âge de 45 ans, propose des parcours variés dans des domaines tels que la cuisine, la coiffure, la couture ou encore la création d’entreprise. Cette approche illustre l’importance de développer des solutions concrètes et adaptées pour les jeunes en situation de décrochage ou en recherche d’insertion.

Pour citer le bilan d’une volontaire : «  Cette expérience renforce ma conviction que toute démarche éducative, aussi structurée soit-elle, doit ménager des espaces de respiration et de bien-être pour l’enfant — une dimension que j’intégrerai dans ma propre réflexion sur la conception de Somme des Sciences. »

Au-delà des apprentissages individuels, cette mission a permis de consolider des relations professionnelles solides de longue date entre les Ceméa Picardie et les petits Débrouillards Maroc et d’ouvrir de nouvelles perspectives, notamment par la mise en réseau entre les acteurs présents lors de l’événement et le futur équipement « Somme des Sciences ».

Elle confirme l’importance des échanges entre acteurs de la médiation scientifique pour enrichir les pratiques, mutualiser les expériences et construire ensemble des projets ambitieux au service des jeunes et de la culture scientifique.